Portrait composite de femmes belges influentes dans les secteurs de la mode et de la beauté, diverses générations représentées dans un environnement professionnel moderne
Publié le 15 mars 2024

Devenir un modèle inspirant en Belgique n’est pas une question de célébrité, mais une stratégie active de construction de sa propre légitimité et de transmission.

  • Le parcours commence par l’identification et le démantèlement des biais inconscients qui freinent votre propre carrière.
  • Des dispositifs belges concrets, comme le statut d’indépendant complémentaire ou les programmes de mentorat, sont des leviers puissants pour se lancer.

Recommandation : Avant de chercher un modèle extérieur, commencez par auditer vos propres préjugés pour libérer votre plein potentiel de leader.

Pour une jeune femme en quête de repères professionnels en Belgique, le paysage médiatique peut sembler distant. Les modèles de réussite, souvent parisiens ou anglo-saxons, fascinent mais inspirent difficilement une trajectoire concrète. On se sent à la fois proche et à des années-lumière, comme si leurs règles du jeu ne s’appliquaient pas tout à fait à notre réalité, faite de consensus, de pragmatisme et d’une certaine modestie.

Bien sûr, la Belgique a ses icônes. On pense aux reines, aux sportives de haut niveau, aux artistes qui ont conquis le monde. Leurs parcours sont admirables, mais leur statut exceptionnel peut parfois sembler décourageant, créant un fossé entre leur piédestal et notre quotidien. L’enjeu n’est pas de manquer de figures à admirer, mais de trouver des modèles auxquels s’identifier : des femmes qui ont bâti leur succès ici, avec les outils, la culture et les défis propres à notre pays.

Mais si la véritable clé n’était pas de trouver passivement une icône à copier, mais plutôt d’adopter une démarche active ? Et si l’objectif était de déconstruire les stratégies de réussite de ces entrepreneuses, créatrices et leaders belges pour forger sa propre voie ? Ce n’est plus une quête de miroir, mais la recherche d’une boîte à outils. Il s’agit de comprendre comment elles ont navigué entre les langues, géré leur e-réputation, bâti un leadership éthique et, finalement, comment elles sont devenues elles-mêmes des mentors.

Cet article n’est pas une simple galerie de portraits. C’est une feuille de route pour vous, jeune femme ambitieuse, qui vous montre comment passer de celle qui cherche un modèle à celle qui, à son tour, en deviendra un. Nous explorerons les mécanismes pour bâtir sa légitimité, de la gestion de ses propres biais à la création d’une entreprise à impact, en s’appuyant sur des exemples et des dispositifs 100% belges.

Pour naviguer efficacement à travers ces étapes clés, voici un aperçu des stratégies que nous allons décortiquer. Chaque section est une étape pour construire votre propre modèle de réussite, ancré dans la réalité belge.

Devenir mentor : comment accompagner une junior sans imposer sa propre vision ?

Le mentorat est souvent la première étape pour incarner un modèle. Il ne s’agit pas de dicter un chemin, mais d’offrir une boussole. L’approche « à la belge », pragmatique et authentique, privilégie le partage d’expérience brute à la leçon magistrale. Il s’agit de dire « voici les erreurs que j’ai faites et comment je les ai surmontées » plutôt que « voici ce que tu dois faire ». Ce style de mentorat accessible est incarné par des figures comme Gaëlle Garcia Diaz. Passée du poker professionnel à la création de Martine Cosmetics, son succès repose sur un partage transparent de son parcours, inspirant une génération d’entrepreneuses beauté sans jamais adopter une posture directive.

Cette dynamique est d’autant plus cruciale que l’entrepreneuriat féminin est en plein essor. En Belgique, la part des femmes parmi les travailleurs indépendants ne cesse de croître, passant de 33,4% en 2007 à 35,7% des indépendants en 2024 selon le SPF Economie. Cette vague de nouvelles entrepreneuses a un besoin criant de guides qui ont déjà défriché le terrain. C’est là que le rôle de mentor prend tout son sens : non pas comme une position de pouvoir, mais comme un acte de transmission pour consolider cet écosystème.

Pour celles qui souhaitent s’engager, la Belgique, et notamment la Région de Bruxelles-Capitale, a structuré des dispositifs concrets. Le programme Women in Business (WIB), par exemple, soutient financièrement les réseaux d’entrepreneuses qui mettent en place des programmes de mentorat. Ces initiatives permettent de connecter des profils expérimentés avec des candidates entrepreneuses, de la phase d’idéation à celle de l’accélération, créant un cercle vertueux de soutien et de légitimation.

TEDx ou conférence : comment structurer une intervention inspirante qui marque les esprits ?

Prendre la parole en public est un puissant levier pour asseoir sa légitimité et partager sa vision. Une conférence réussie, qu’il s’agisse d’un TEDx local ou d’une intervention sectorielle, ne se résume pas à lister ses succès. Elle doit être construite autour d’une idée forte, une « idée qui mérite d’être diffusée ». L’art du storytelling est ici primordial : il faut structurer son récit autour d’un défi initial, des obstacles rencontrés, du moment de bascule (l’apprentissage clé) et enfin, de la vision qui en découle. L’objectif n’est pas de s’autocélébrer, mais d’offrir à l’audience une leçon universelle tirée d’une expérience personnelle.

L’authenticité est la clé de voûte. Le public se connecte aux failles et aux doutes autant qu’aux réussites. Partager une anecdote sur un échec cuisant ou un moment de grande incertitude humanise le propos et rend le message final d’autant plus puissant. C’est dans cette vulnérabilité maîtrisée que réside la véritable inspiration. L’oratrice ne se présente plus comme une figure infaillible, mais comme quelqu’un qui a su transformer les obstacles en opportunités.

Scène de conférence TEDx avec une oratrice belge captivant son audience dans un théâtre moderne

Comme le souligne Françoise Chombar, figure emblématique de l’industrie technologique belge, l’impact va au-delà de l’individu. Une prise de parole peut porter un message plus large, notamment sur la valeur de la diversité. Elle affirmait dans une interview que « la diversité dans la culture d’entreprise apporte bon nombre d’avantages concurrentiels, notamment en matière d’innovation et d’attraction des talents. C’est une occasion manquée pour les autres entreprises de ne pas en faire autant. » Une conférence inspirante est donc celle qui relie son parcours personnel à un enjeu de société plus vaste, invitant chaque membre de l’audience à devenir acteur du changement.

E-réputation : comment gérer un « bad buzz » ou une critique injuste quand on est exposée ?

L’exposition médiatique et numérique est une arme à double tranchant. Si elle est un accélérateur de notoriété, elle ouvre aussi la porte aux critiques, parfois injustes, et au risque de « bad buzz ». La gestion de son e-réputation est donc une compétence non négociable pour toute femme qui aspire à un rôle de leader. La stratégie de la youtubeuse belge Céline Dept est, à ce titre, exemplaire. Avec 44 millions d’abonnés et une exposition colossale, elle a fait le choix d’une spécialisation claire (le football) et du maintien d’une image professionnelle et positive, transformant sa visibilité en un succès commercial quantifiable avec près de 870 000 euros de bénéfices nets en quatre ans. Sa trajectoire prouve qu’une réputation maîtrisée est un actif stratégique.

Face à une crise, la réactivité et la transparence sont primordiales. Laisser une critique sans réponse peut être interprété comme un aveu. Il est conseillé de répondre dans un délai de 24 à 48 heures, non pas pour contre-attaquer, mais pour recadrer les faits avec calme et professionnalisme. En Belgique, le paysage médiatique a ses propres codes et instances de régulation. Comprendre ces spécificités est crucial pour gérer une crise efficacement.

Le tableau suivant synthétise les approches à connaître, notamment les différences entre les sphères francophone et néerlandophone.

Gestion de crise : approches médiatiques en Belgique
Aspect Médias francophones Médias néerlandophones
Cercles journalistiques Très interconnectés, effet amplificateur Plus segmentés par région
Droit de réponse Via RTBF médiateur Via VRT ombudsman
Instance de régulation Conseil de déontologie journalistique (CDJ) Raad voor de Journalistiek
Délai de réaction conseillé 24-48h maximum 24-48h maximum

Connaître ces instances, comme le Conseil de Déontologie Journalistique (CDJ) côté francophone, permet d’activer les bons leviers en cas de traitement médiatique jugé inéquitable. L’objectif n’est pas de gagner une bataille d’ego, mais de préserver son intégrité et la confiance de son public sur le long terme.

Leadership éthique : peut-on réussir en affaires sans écraser les autres ?

L’image du leader impitoyable qui gravit les échelons en écrasant la concurrence est un cliché qui peine à inspirer. En Belgique, où la culture du consensus et de la collaboration est forte, un autre modèle de réussite émerge : le leadership éthique. Il repose sur l’idée qu’il est possible de construire un succès commercial durable sans sacrifier ses valeurs ni le bien-être de ses partenaires. C’est un leadership qui remplace la compétition par la coopération et la transparence.

Cette approche est brillamment incarnée par l’entrepreneuse anversoise Sofie Valkiers. Avec une communauté de 500 000 abonnés, elle a transcendé son statut d’influenceuse mode pour devenir une femme d’affaires accomplie. En 2019, elle a lancé sa propre marque de joaillerie en or 18 carats, mais en y intégrant une dimension éthique forte : privilégier la joaillerie belge responsable, utiliser de l’or certifié et des diamants éthiques. Son parcours démontre que le luxe et la responsabilité ne sont pas antinomiques, et que le succès peut être aligné avec des valeurs humanistes.

Réunion d'équipe créative dans un atelier de mode belge, atmosphère collaborative et inclusive

Ce type de leadership se manifeste au quotidien par des actions concrètes : une communication transparente avec ses équipes, des relations justes avec les fournisseurs, un engagement pour une production locale ou durable, et une volonté de créer un environnement de travail inclusif. Il ne s’agit pas d’un simple argument marketing, mais d’une philosophie d’entreprise qui irrigue toutes les décisions. En fin de compte, le leadership éthique génère une forme de succès plus résiliente, car elle est bâtie sur la confiance et le respect mutuel, des atouts inestimables dans un monde des affaires de plus en plus scruté.

Au-delà du profit : comment construire une entreprise qui a un impact social durable ?

Pour de nombreuses femmes qui se lancent dans l’entrepreneuriat, la motivation dépasse la simple recherche de profit. Elles aspirent à construire un projet qui a du sens, une entreprise qui génère un impact social ou environnemental positif. Cette quête de sens est un moteur puissant et un élément différenciateur fort. En Belgique, les femmes indépendantes ne sont pas seulement des créatrices de leur propre emploi ; elles sont aussi des créatrices d’emplois pour les autres. L’analyse du SPF Economie sur l’entrepreneuriat féminin révèle que 21,1% des femmes indépendantes emploient des salariés en 2024, une proportion en hausse. Cela démontre leur contribution directe à l’économie et à la vitalité sociale du pays.

Construire une entreprise à impact n’est pas un vœu pieux, cela passe par des choix structurels et juridiques concrets. La Belgique offre un cadre spécifique pour les entreprises qui poursuivent un but social. Choisir le bon statut dès le départ est une étape fondamentale pour aligner sa mission et son modèle économique. Cela permet également d’accéder à des financements et des réseaux de soutien dédiés.

La création d’une entreprise à finalité sociale est un parcours balisé. Voici les étapes clés pour concrétiser un projet qui allie ambition économique et mission sociétale en Belgique.

Votre plan d’action : créer une entreprise sociale en Belgique

  1. Identifier le statut juridique adapté : Étudiez les options comme la Société à finalité sociale (SFS) ou la Société coopérative agréée comme entreprise sociale (SCES).
  2. Solliciter les programmes de soutien : Renseignez-vous sur des initiatives comme « Women in Business » qui proposent un coaching et un accompagnement sur 18 mois.
  3. Accéder aux financements dédiés : Intégrez des programmes de formation financière comme « The Money Academy » pour apprendre à pitcher votre projet auprès d’investisseurs à impact.
  4. Développer des partenariats éthiques : Envisagez de collaborer avec des ateliers protégés wallons ou flamands pour une production locale et inclusive.
  5. Viser une certification reconnue : Explorez la certification B Corp, qui évalue l’impact social et environnemental global de votre entreprise, en vous faisant accompagner par des entreprises belges déjà certifiées.

En adoptant cette démarche, une entrepreneuse ne se contente pas de réussir. Elle devient un modèle de réussite différent, prouvant qu’il est possible de prospérer économiquement tout en étant une force de changement positif pour la société.

Biais inconscients : comment identifier les préjugés qui freinent votre propre carrière sans que vous le sachiez ?

Avant même de se heurter aux obstacles extérieurs, la première bataille se livre souvent à l’intérieur. Les biais inconscients sont des raccourcis mentaux, des stéréotypes profondément ancrés que nous avons tous, et qui influencent nos décisions sans que nous en soyons conscients. Pour une femme, cela peut se traduire par le « syndrome de l’imposteur », une tendance à l’autocensure, ou la conviction intime qu’il faut être parfaite pour postuler à une promotion. Reconnaître ces freins internes est la première étape, et la plus difficile, pour libérer son potentiel.

Ces biais ne sont pas de simples sentiments ; ils ont des conséquences réelles et mesurables sur le marché du travail. En Belgique, les données de l’enquête européenne sur les forces de travail sont éloquentes : il existe encore un écart de 6,9 points entre le taux d’emploi des hommes (70,2%) et celui des femmes (63,3%). Cet écart n’est pas seulement le fruit de discriminations externes, mais aussi de l’accumulation de ces biais internalisés qui orientent les choix de carrière, les négociations salariales et les ambitions professionnelles.

Identifier ses propres angles morts n’est pas un exercice d’autoflagellation, mais un acte de lucidité stratégique. C’est en prenant conscience de ces mécanismes qu’on peut commencer à les contrer activement. La démarche consiste à questionner ses propres réflexes : pourquoi ai-je hésité à prendre la parole dans cette réunion ? Pourquoi ai-je minimisé ma contribution à ce projet ? Pourquoi ai-je pensé ne pas avoir toutes les compétences pour ce poste ?

Checklist pour votre audit : débusquer vos angles morts professionnels

  1. Points de contact : Listez les situations professionnelles où vous ressentez un malaise ou une hésitation (négociation, prise de parole, évaluation).
  2. Collecte des pensées : Pour chaque situation, notez les pensées automatiques qui surgissent (« Je ne suis pas assez experte », « On va me trouver trop agressive »).
  3. Confrontation à la réalité : Confrontez chaque pensée à des faits objectifs. Votre contribution a-t-elle été réellement moins bonne que celle des autres ? Avez-vous des preuves concrètes de votre incompétence ?
  4. Identification du biais : Nommez le préjugé à l’œuvre. S’agit-il du syndrome de l’imposteur, du biais de perfectionnisme, de la peur du conflit ?
  5. Plan de contre-action : Pour chaque biais identifié, définissez une action concrète pour le défier la prochaine fois (ex: « Je préparerai 3 points à dire en réunion », « Je postulerai même si je ne coche que 80% des cases »).

Ce travail d’introspection est le fondement de la légitimité. Pour le mener à bien, il est essentiel de maîtriser les techniques pour identifier et déconstruire les préjugés qui vous freinent.

Quotas en entreprise : pourquoi la parité imposée est-elle un mal nécessaire pour accélérer le changement ?

La question des quotas est l’une des plus débattues en matière d’égalité professionnelle. Pour ses détracteurs, c’est une mesure qui va à l’encontre de la méritocratie. Pour ses défenseurs, c’est un « mal nécessaire », un électrochoc indispensable pour briser l’inertie des systèmes en place. L’expérience belge offre un cas d’étude fascinant sur le sujet. La loi de 2011 imposant un minimum de 33% de femmes dans les conseils d’administration (CA) des entreprises cotées a été un levier puissant, mais son effet de « ruissellement » est resté très limité.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Une étude de l’entreprise sociale Jump révèle qu’en 2023, si l’objectif des 40% de femmes dans les CA du BEL20 est presque atteint, leur présence dans les comités exécutifs (Comex) – là où le pouvoir opérationnel se concentre – stagne à un maigre 16,7%. C’est l’illustration parfaite du plafond de verre : les femmes accèdent aux organes de surveillance, mais peinent encore à percer le noyau dur du pouvoir exécutif. Comme le résume Véronique Debaets, porte-parole de l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes :

On a cru à l’époque que la dynamique des CA aurait un effet de ruissellement vers les postes exécutifs. Ça n’a pas été le cas. L’expérience le montre : sans cadre contraignant, les progrès en matière d’égalité restent limités et trop lents.

– Véronique Debaets, Porte-parole de l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes

L’historique des quotas en Belgique montre bien que chaque avancée significative a été le fruit d’une impulsion législative, que ce soit au niveau national en 2011 ou sous l’impulsion de la nouvelle directive européenne.

Évolution des quotas de genre en Belgique depuis 2011
Année Cadre légal Quota minimum Résultat atteint
2008 Avant la loi Aucun 8,2% de femmes
2011 Loi quotas CA 33% minimum Application progressive
2020 Loi en vigueur 33% minimum 34,1% de femmes
2024 Directive UE 40% visé 37,3% de femmes

Pour la femme qui aspire à un rôle de leader, comprendre cette mécanique est fondamental. Les quotas ne sont pas une garantie de succès, mais ils créent des opportunités. Ils forcent les organisations à élargir leurs viviers de recrutement et à remettre en question leurs critères de promotion, ce qui, mécaniquement, ouvre des portes qui resteraient autrement fermées.

Comprendre l’impact de ces mesures structurelles est indispensable. Il est donc utile d’analyser en détail pourquoi la parité imposée est un levier de changement, malgré ses controverses.

À retenir

  • Le leadership féminin inspirant en Belgique se distingue par une approche basée sur l’éthique, la collaboration et un impact social concret.
  • Des outils spécifiquement belges, comme le statut d’indépendant complémentaire et les programmes de mentorat, sont des tremplins efficaces pour tester et lancer son projet.
  • La première étape pour briser le plafond de verre externe est de surmonter ses propres biais inconscients, véritable frein interne à l’ambition.

Statut d’indépendant complémentaire : est-ce le meilleur moyen de tester son projet sans quitter son CDI ?

Pour beaucoup de femmes qui rêvent de se lancer mais sont freinées par l’insécurité financière, le statut d’indépendant à titre complémentaire est la solution la plus pragmatique et la plus populaire en Belgique. Il permet de tester une idée de business, de construire une clientèle et de générer ses premiers revenus tout en conservant la sécurité d’un emploi salarié (au moins à mi-temps). C’est un véritable « laboratoire » entrepreneurial qui minimise les risques.

L’un des principaux avantages de ce statut est son régime de cotisations sociales particulièrement avantageux au démarrage. En effet, comme le précise l’UCM, il n’y a aucune cotisation sociale à payer en dessous de 1.865,45€ de revenus annuels. Ce seuil d’exonération permet de se lancer sans pression financière immédiate. Au-delà, les cotisations sont calculées en pourcentage des revenus, offrant une progressivité qui accompagne la croissance de l’activité. C’est une soupape de sécurité essentielle pour ne pas se décourager dès les premiers mois.

Si le statut est attractif, il implique néanmoins une série de démarches administratives précises. Se préparer en amont permet d’éviter les mauvaises surprises.

Votre guide pratique : les démarches pour devenir indépendante complémentaire en Belgique

  1. S’inscrire à la BCE : L’inscription à la Banque-Carrefour des Entreprises est la première étape pour obtenir votre numéro d’entreprise.
  2. Activer le numéro de TVA : Cette démarche est obligatoire, mais une franchise de TVA est possible si votre chiffre d’affaires annuel est inférieur à 25 000€.
  3. S’affilier à une caisse d’assurances sociales : Vous devez obligatoirement rejoindre une caisse comme l’UCM, Securex ou Partena qui collectera vos cotisations.
  4. Ouvrir un compte bancaire professionnel : Il est indispensable de séparer vos finances privées et professionnelles.
  5. Tenir une comptabilité : Une comptabilité simplifiée (achats, ventes, relevés financiers) est généralement suffisante pour ce statut.

Il est aussi bon de savoir que des alternatives existent, notamment pour les métiers créatifs. Des coopératives d’activités comme SMart offrent un « hébergement » administratif. Elles vous permettent de facturer vos prestations sous leur numéro d’entreprise et de percevoir un salaire, tout en gérant pour vous la complexité administrative. C’est une option rassurante pour celles qui sont allergiques à la paperasse. Quel que soit le chemin choisi, ces structures belges sont des outils formidables pour faire le premier pas vers l’indépendance.

L’étape suivante, maintenant que vous disposez de cette feuille de route, consiste à évaluer concrètement votre projet et à choisir le statut le plus adapté pour faire le grand saut. Lancez-vous.

Rédigé par Céline Dumont, Coach de carrière certifiée et ancienne DRH dans le quartier européen de Bruxelles. Elle cumule 15 ans d'expérience en accompagnement du leadership féminin et en négociation salariale dans le contexte du marché du travail belge.